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Vous avez remarqué ? Nous sommes envahis ! (Non, je ne parle pas des vieux. Vous avez très mauvais esprit.) Si je vous dis « Video gaames… » avec une voix d’outre tombe ? Si ma longue chevelure cache mon visage hybride (yeux de biches + duck face).
Je vous parle de LANA DEL REY bien entendu.

Premier album de Lana Del Rey

A 24 ans, c’est LE nouveau phénomène musical (un peu) du web (beaucoup). On la découvre en juin 2011 avec sa chanson, (et surtout son clip) Video Games. Home made, des images d’archives se succèdent avec une Lana Del Rey qui susurre devant sa webcam. Premier constat : le collagène, c’est son truc. Puis on tend l’oreille, et on se dit que c’est plutôt vraiment pas mal.

A partir de là, c’est la débandade. Lana Del Rey devient LE phénomène et son clip tourne sur tous les réseaux sociaux. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Quel est son légume préféré ? Les fans de Lana Del Rey sont gâtés (nettement plus que ceux de Cure. Coucou Robert ! Si tu passes par là n’y vois pas DU TOUT un reproche caché) : elle sort une nouvelle chanson tous les quinze jours, dévoilant la moitié de son album alors qu’il n’est même pas sorti. Ses clips sont stylisés à l’extrême, ses brèves apparitions dans chacun d’eux également.

Puis on commence à se demander si cette Lana Del Rey ne serait pas un pur produit marketing. Outre son physique qui sent bon le bistouri, on apprend que les agents et les tourneurs la connaissent depuis mars, elle a déjà sa place dans les festivals et c’est une major qui la distribuera en France. Une organisation au top…

On découvre alors la vraie identité de cette nouvelle icône. Lana Del Rey s’appelait avant Lizzie Grant, portait des T-shirt trop grands, une teinture blonde cheap et avait des lèvres raisonnables. En gros, on la reconnaît uniquement grâce à sa voix et ses faux ongles. Aux félicitations se succèdent les moqueries.

Quand Lana Del Rey s'appelait Lizzy Grant

Enfin arrive le temps des premiers live. Et avec ses grands yeux de biche… on la sent à deux doigts de se faire rouler dessus par un 36 tonnes. Fuyante, perdue, mal à l’aise, on est vraiment mal pour elle. Sa dernière prestation au Saturday Night Live a carrément été un supplice (pour les spectateurs comme pour elle). Au fond du seau, Lana serait prête à tout abandonner pour le mannequinat (???).

Au final, deux clans se forment : les haters se lâchent. Ce sont en général des hipsters, fans de la première heure, mais déçus que leur nouveau joujou soit désormais partagé avec la vulgaire plèbe. Ils conchient donc allègrement ce frêle caneton. D’autres l’adulent, la défendent corps et âme parce qu’ils pleurent souvent en écoutant ses chansons. Dernier rebondissement en date, elle aurait pompé son carton Video Games sur un chant grec. Du genre qu’on écoute avant de prendre un Lexomil.

Mon humble avis, c’est simplement HOW ON SE CALME. Oui, elle est souvent agaçante. Elle minaude et n’est pas franchement naturelle. Mais j’ai fredonné Video Games et Blue Jeans pendant des mois. Chacune de ses nouvelles chanson m’intrigue puis finit par me plaire. Sa voix et sa musique dénotent un véritable talent. Ok, c’est un produit marketing, elle a voulu réussir et s’en est donné les moyens. Mais la façon dont on découvre un artiste détermine-t-elle son talent ? Moi, la Lana, elle me fait plus de peine qu’autre chose. Elle est talentueuse, mais elle se retrouve propulsée dans un truc qu’elle ne maîtrise pas. Et personne, que ça soit les fans hardcore ou les critiques acerbes, ne l’aide vraiment. Ne peut-on pas simplement apprécier sa musique sans en venir à la lapidation ou l’adoration?

Au final, je ne revendique qu’une chose.

Lana Del Rey : le droit de s’en foutre.