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Je sais pourquoi vous me lisez. Il fait froid et vous êtes prostré devant votre PC hein ? D’ailleurs vous avez remarqué les formidables alternatives que nous offre l’hiver parisien ? Il pleut = on ne sort pas. OU Il fait beau = il fait -5° = on ne sort pas.

DONC autant aller au cinéma pour se cultivationner. Et prenez exemple sur moi-même en allant (que dis-je, COURANT) voir The Descendants. L’histoire d’un mec qui vit à Hawaii avec sa jolie petite famille. Mais en fait, sa femme est dans le coma après un accident de jet-ski, il n’a jamais eu le temps de s’occuper de ses deux filles, et il doit décider à qui revendre ses hectares de terrains vierges venus de ses ancêtres. La grosse pression. Coup de massue : il apprend que sa femme tant aimée souhaitait demander le divorce et se tirer avec un amant… Pas simple.

J’ai donc pleuré pendant 2h15. Sous mes apparences de Sherlock Holmes inquisiteur et sans cœur (regardez discrétos en haut à droite) je suis en réalité un être qui, sur une échelle de 1 à 10 pleure sous la barre du 3, et à partir de 7. En gros, quand je suis triste, et quand je suis contente. Je fonde énormément d’espoirs dans le maquillage waterproof.
J’ai donc oscillé entre le « hoc hoc mon Dieu sa femme va décéder j’en suis suuuuure hoc hoc » puis « hoc hoc George est tellement touchant avec ses fiiiiilles hoc hoc et ce coucher de soleil est merveilleux hoc hoc » (le hoc hoc c’est les sanglots, et non pas un coup de pioche. Je la laisse à la maison en général quand je vais au cinéma).

POURQUOI QU’IL FAUT ALLER VOIR THE DESCENDANTS :

1. Dgeordge. Autant mettre le hola aux clichés, Clooney ne m’a jamais fait fantasmer. Je suis donc allée le voir sans apriori aucun. Et en fait, lui avoir proposé de laisser tomber sa cafetière et d’enfiler une chemise hawaïenne était brillantissime. Alors oui, les critiques vous diront que Georges Clooney sait jouer un personnage complexe avec une graaaande sensibilité et une ambivalence incroyaaaable. Je pense surtout que Georges Clooney a su jouer à merveille Monsieur Tout le Monde. D’une justesse incroyable, il fait passer des choses graves simplement, sans flots de larmes ou de hurlements. Il est d’une humilité surprenante, extrêmement délicat, élégant dans la douleur, et drôle dans le drame. C’est beau.

2. Le fait que le film se passe à Hawaii frôle le génie. Avez-vous déjà vécu un DRAME ? Du genre qui donne l’impression que tout s’effondre autour de vous, que plus rien ne sera jamais pareil puisque tout simplement il est impossible de continuer à avancer après ça ? Ce qui m’a toujours surprise dans ces moments là, c’est que le lendemain matin, il fait jour à la même heure. Le temps ne s’arrête pas, les journées continuent à passer, les gens continuent à vivre leur vie, sortir, rire. Comme une envie de crier HEHO LES MECS LE MONDE S’ÉCROULE LA ! Eh bien The Descendants, c’est exactement ce sentiment là. Hawaii est toujours Hawaii. On continue à surfer, le vent à souffler, les palmiers à pousser… Non seulement on compati à MORT pour ce bon vieux George, mais en plus on se sent un peu moins seul. Et puis le combo ma-vie-crains-du-boudin-donc-je-vis-à-Chicago-dans-un-guetto ça va bien un moment. +2 donc.

3. George Clooney porte des tongs. Je pense qu’une scène aussi irréaliste mérite une place de ciné, vous en conviendrez.

4. Les autres acteurs envoient le pâté. Ses filles, l’ami de la famille perché, ses cousins barrés… tous sont très justes et surtout très drôles. Vous voyez ? C’est fantastique vous pourrez même vous fendre la poire.

5. La philosophie. Parce que je suis psycho rigide (rappelez-vous, les listes tout ça) j’aime rentabiliser mon temps (n’ayez pas peur. RESTEZ) et quand je lis un bouquin ou regarde un film, j’aime en ressortir grandi, avec quelque chose en plus. Et c’est exactement ce qu’il se passe avec ce film. Sans vouloir vous spoiler le film entier, le George, il lui arrive son poids en merdes. Et alors qu’on pourrait ressortir de la salle totalement désabusé « POURQUOIIII DIEU POURQUOIIIII ??? » on est au final étrangement… apaisé. Parce qu’on se rappelle qu’ au final rien n’est grave. Si vous choisissez que rien ne vous touche vous serez réellement imperméable à tout. Une leçon de vie sur l’acceptation et le pardon. Ça remet les choses en place, et on se dit que finalement si on n’a pas ce job, ni cet appartement, ou que notre relation se termine, on s’en remettra. On se remet toujours de tout.

VOILA maintenant courrez au cinéma le plus proche (qui propose le film en VO bien sur) pour profiter de ces précieux (et gratuits) conseils que je vous donne.

(Ah, et depuis mon dernier article sur Lana Del Rey, l’album de ce mignon caneton est sorti. Et je vous le dis tout de go, c’est une véritable merveille. Tant pis si je ne suis pas horriblement snob. Bon, en même temps, l’humilité c’est le top de la frime.)